Habituée des plateaux vides s'est trouvée partenaire (particulier...!)...

Habituée des plateaux vides s'est trouvée partenaire (particulier...!)...
Chapter Three




Je m'invite dans ton intérieur donc...
Je quitte le banc des spectateurs pour fouler la piste ronde de tes pensées.
Pas d'article de cirque. Mais je m'invite.
Je froisse le rideau rouge. Celui de l'entrée des artistes pour toi. Celui qui accompagne en musique des artistes grimmés sous les projos.

Mon rideau à moi est avant scène. Je ne le passe pas, il s'ouvre devant moi. Ou pas.
Mais cette fois tu vois, j'ai bien dû le passer.
Dans tout les sens du terme. Ou de la métaphore plutôt. Encore une image pour illustrer mes sentiments.
Et oui.

On soulève le rideau donc. Sur la scène, ébauches de sentiments, contorsionnistes du coeur, jongleurs de sourires... Toi.
Ca c'est ma piste à moi. Celle qui peut se cacher entre mes lignes.

Ta piste à toi, aussi ronde que la mienne est carrée, c'est ton monde mon Simon.
On enchaîne vidéo sur vidéo. On entre dans ta vie. Ta vie.
Ton monde qui tourne rond?... Ce monde là en tout cas. Ton cirque.

Et le mien de monde? Le mien avec toi prend des allures ovales. Il était temps.
Ma scène de théâtre aux allures tragi-comiques commence à se laisser admirer, scruter sous le regard de ceux qu'on ne voit pas quand la seule chose que l'on perçoit entre deux répliques, c'est la lumière suffocante de ce qui nous éclaire à leurs yeux.
Rester dans la lumière. Etre vue sans les voir.
Rester bien de face.

Je t'envie mon Simon de pouvoir tourner de tout les côtés, bouger, gesticuler sans craindre de tourner le dos.
J'envie ton monde de cirque parcequ'il te vit au jour le jour.
Tu le touches du doigt et lui te bâtit, te façonne, te grandit.

Un jour ça sera moi.
Dans longtemps peut-être. Oui je projette.

Un jour j'arrêterai de voir ma vie comme une scène de théâtre, où les répliques deviennent des justifications.
Ou les dialogues ne sont que les souvenirs de conflits passés.
Ou les monologues sont des plaintes dans lesquelles je me cache et me renferme.

Un jour. Un jour toi t'es rentré en scène. Le Dom Juan dans toute sa splendeur.
Dom Juan bien malgré lui.
Boulversant comme une tirade de Racine ou les vers de Cyrano.
Tu m'as volé la réplique par tes acrobaties.
Changement de décor. On brûle les vieux rideaux. On les arrache les uns après les autres.
Plus de chaise dans laquelle on se laisse tomber.
Une guitare côté jardin pour combler le vide.
Côté co(e)ur on balance aux oubliettes les décors cassés du vieux théâtre qui tombe en ruine.

On ne garde que le bon.
Un vieux poster de clown. Des souvenirs d'arbres.
Les sourires.
Les yeux qui pétillent.
Toi.

Et moi je te regarde, tout ça dans les bras, faire le tri pour moi. Tu élimines à jamais des tabourets trop bancals qui, instables, auraient fini par casser.
Les cadres, on enlève aussi. Tu les remplace.
A chaque jour une nouvelle image.

Un musée, une chanson, un moment.
La scène se remplit de bon. Et le noir de mes idées, relegué au gradin, juste au premier rang de mon bonheur, se lasse petit à petit et fini par prendre la porte.

On fait notre numéro. A deux.
Dans notre bulle.
Je te prête mes mots, et toi tes gestes.
On s'apprend sur le tas. On improvise. Chacun depend de l'autre pour continuer la pièce.

Et ça c'est nouveau pour moi.
Habituée des plateaux vides s'est trouvée partenaire.

Tu ne m'en voudras pas si des fois je reviens me perdre seule.
Si malgré moi, j'aspire au frisson de la solitude sur scène. Celui qui fait penser à un naufrage suivit d'une renaissance, si on a eu la chance de ne pas sombrer, de ne pas avoir loupé la réplique. Ou d'avoir improvisé.

Mais moi l'impro c'est pas mon truc.
Mes mots à moi sont du par coeur devant les gens.
Et quand j'improvise, je me perds. Moi et mes mots. Ma voix parfois.
Je reviens en coulisses. Je brise un miroir qui me renvoie l'image de l'échec une fois de plus.

Et toi, à ton tour tu quittes la scène. Et tu me reviens.
Tu recolles tant bien que mal les morceaux. Me les arrache des mains.
A grand renfort d'amour et de tendresse tu tentes de me comprendre.
Pour me faire revenir sur le devant de la scène. En duo.

Et tu le fais bien.
Merci...

Texte qui est sorti tout seul. Pas (très) structuré...
Aujourd'hui Lundi... Que fais-tu en ce moment?

Demain je m'envole vers le sud, un peu comme les oiseaux migrateurs en quête de soleil.
Je t'en ramenerai un peu, ne t'en fais pas.

Ne publies pas cet article, je sais que t'aimes pas faire étalage de tes sentiments...
Je voulais juste te dire que je t'aime plus que tout.
Et merci... Merci...
Encore plein de choses à vivre, découvrir, rêver avec toi.
Encore plein de temps à passer ensemble.
T'es mon bonheur, ma bouffée d'oxygène.
Mon Cyrano.




... T'aime.

<3






Article que j'avais écrit sur le blog de Simon le 11 Février, avant Barcelone...
Déclaration comme je n'en fais pas souvent, et qui aujourd'hui se dévoile sur le devant de la scène.
Article que je lui ai pris, parce qu'Il manquait quand même à ce blog...


La photo est celle de Giulietta Masina (Gelsomina) dans La Strada, de Federico Fellini...
Histoire d'une jeune fille, livrée à Zampano, artiste de cirque de rue au caractère indomptable, qui au fur et à mesure se fera aimer par Gelsomina...
Encore une histoire de piste ronde en plein air...
Celle que ma mère a rêvé enfant et interprétée quelques années après ... Un peu la mienne aussi...





- L a r a -



# Posté le samedi 08 mars 2008 04:03

Modifié le mardi 16 septembre 2008 13:34