Flash back _ Mardi 16 Octobre 2007 _ Lettre à Estelle

Flash back _ Mardi 16 Octobre 2007 _ Lettre à Estelle
Chapter Five



Ma main s'est glissée d'elle même entre les coussins qui obstruaient l'entrée du placard. Un bref coup d'oeil l'a renseigné sur l'endroit où se cachait sa proie, et quand enfin ses doigts se sont refermés sur la boîte noire en carton un sourire s'étira sur ses lèvres.
En enjambant cet amas de coussins, arrangés pour donner un côté bohème, elle pensait déjà à ce qu'elle allait écrire. Par quoi elle allait commencer .. La date. Le lieu peut-être .. Donner une idée du lieu. De l'ambiance. Parler de la lumière orangée projetée sur les murs.. Ou de la radio qui nous crachote 'Big girls don't cry ..' Parler des exos d'physiques à peine lus, jetés en vrac sur le lit, abandonnés sans même qu'on ai prit la peine de les lire.
'Sorry, blame it on me' à l'écoute. J'aime.

Mais pas autant qu'Elle. Elle pour qui j'écris maintenant, malgré une introduction un peu trop hors sujet et inconsistante à mon goût.
Elle pour qui j'ai sorti la cartouche d'encre du carton. Cartouche qui attendait son heure depuis bien longtemps, et qui a du frétiller d'impatience en se sentant glisser dans la machine à écrire. Machine à écrire trop longtemps délaissée pour un écran pixelisé et qui doit elle aussi se demander où est ce que je veux en venir..
Il faudrait d'abord que j'retrouve le fil de mes idées. Enlever toutes ces pensées parasites qui n'ont fait que bouffer du temps et bientôt du papier. Comment l'introduire alors..?

Elle. Elle avec ses yeux à tomber à la renverse. Le genre que tu remarques par la couleur la forme et les motifs qui s'y dessinent..
Ses yeux qui te parlent malgré elle peut-être. Beaucoup de peut-être dans mes mots, dans mes phrases, ma voix que tu liras tout bas. Des peut-être qui sont au goût du jour j'ai l'impression. Des questions sans réponses un peu trop présentes aussi.
Une chanson pas finie en manque d'accord et de coeur pour la chanter.
Ma princesse un peu perdue qui mérite tellement mieux que ce regard qu'elle a d'elle même.
Mon idéal qui mérite tellement mieux que tout ce mal qu'elle se fait. Qu'on lui a fait. Tout ce bonheur qu'elle rejette par peur d'oublier.

Envie de la prendre dans mes bras, de lui dire que je lui piquerais son coeur, sa tête, sa voix et ses tripes pour les emmener au vent, les faire voyager et les gaver de paysages.
Regarder son grand petit caractère bien dans le fond des yeux pour lui dire de gueuler un bon coup et de repartir la tête haute.
Mais aussi la laisser me mouiller les cheveux avec ses larmes quand elle me dira tout ces 'peut-être'. Lui dire que je l'aime, sans tout ces mots qui font mal et qui riment à quoi en fait ? Lui gueuler que si il l'aime pas moi je l'aime. Et moi je la rendrais heureuse.
Moi je vais combattre les méchants, je la borderais dans son lit le soir, je lui ferais des bisous dans le cou en l'appelant ma soeur, mon amie, mon amour..

Se rappeler du canal. De l'épluchage des patates.
Se rappeler des courses. Se rappeler qu'on a couru pour le bus. Qu'on a couru pour le métro.
Se rappeler qu'on a couru pour un bonheur qu'on avait sous le nez parce qu'on était ensemble et puis c'est tout.

Me rappeler de la musique qui passe en boucle depuis tout à l'heure et qui rythme mes doigts.
Ma rappeler du cahier sans couverture et du poids des mots. De ses mots.
Me rappeler de l'amour, de la douleur, de la haine qu'elle a griffoné.
Me rappeler d'elle, à nue, sans secret.
Dans toute la splendeur de sa douleur.
Me rappeler à quel point je l'admire. A quel point je l'ai envié.
A quel point j'aimerais me perdre un peu dans ces yeux qui m'ont tout de suite happée, dans son âme qui m'a pas lâchée depuis.

Ne pas oublier de lui dire que je l'aime d'amour, ma folie, mon envie, ma lubie, mon idylle...








Article déjà publié, mais qui comme tant d'autres avait été effacé.
Seul article qui a été gardé. Je le remets aujourd'hui pour Elle.
Pas de mélancolie, de nostalgie. Juste une profonde admiration pour ce petit bout de feme qui mérite haut la main sa place dans mon univers...
Des larmes oui, il y en a eu.
Des sourires aussi. Des bras, toujours là pour se soutenir.
Une complicité silencieuse, passant plus par le regard que par la voix.
Une affection exprimée en élans de tendresse malgrés les jours sans se voir.
Un amour profond qui avait besoin d'être couché sur papier.
Les jours ont passé depuis Octobre, mais les sentiments restent inchangés.
En espérant que sa compagnie vous aura charmé autant que moi, car si les mots sont de moi, c'est tout sont être que je tente de dépeindre ici...
Mon idéal...

La peinture est de Modigliani...
Un de mes peintre preferé... La beauté de son regard s'y retrouve un peu, car comme celui de la jeune dame du tableau,
il est insaisissable...






- L a r a -






# Posté le lundi 24 mars 2008 17:59

Modifié le mardi 16 septembre 2008 13:33