Dimanche 29 Juin 2008 _ Demain, oral de Français.....

Dimanche 29 Juin 2008 _ Demain, oral de Français.....
Chapter Eight (ou Neuf peut-être...)

.......Soudain elle parut dans l'encadrement de la porte, blanche et pâle, silhouette frêle se détachant des tentures sombres et râpées devant lesquelles elle se tenait.
Les années avaient fané son corps, et je l'eus sans doute appelée carcasse si l'éclat du regard familier n'avait pas fait ressortir ensuite une beauté à présent cachée.
Elle se tenait légèrement voutée, mais conservait un peu de cette cambrure qui la faisait garder le menton haut et les épaules ouvertes, se distinguant ainsi de tous ces insectes pourrissant dont les corps desséchés et rabougris se recroquevillent dans leurs carapaces de cuir comme la noix gâtée dans sa coquille.
Son squelette était comme les poutres d'une vieille charpente, solide, robuste, mais s'effritant par endroits et cachant jalousement derrière sa façade défraichie les trésors jadis étincelants d'une jeunesse consumée.
La vieillesse, la maladie et les pleurs n'avaient pourtant qu'entamé la matière, creusant ça et là des sillons sur la peau parcheminé sans oser l'entailler plus profondément. Ils serpentaient sur les joues creuses dont la teinte rosée que j'avais tant rêvé d'embrasser s'était évanouie.
Ne restaient que les hautes pommettes, un peu tombantes, qui se raccrochaient péniblement à l'os et imprimaient encore un fin sourire comme un hémisphère.

La bouche, où convergeaient toutes ces stries semblait s'y confondre, tant les mots avaient dû les craquer, et on ne distinguait plus de frontières entre les deux peaux, juste un trou noir et béant comme l'entrée d'une grotte quand elle s'ouvrait. Et au milieu de cette tête, seul le nez semblait intact, ayant échappé aux petites veines rouges qui lui mangeaient les joues.
Elle me regarda, comme tirée de sa rêverie. Les paupières ne parvenaient pas à recouvrir de leur voile opaque l'intensité du regard. Perdue dans une mer blanche comme au premier jour, son iris dardait sur moi ses couleurs fantastiques, empreintes digitales d'un soleil qui n'avait cessé de briller et de rependre sa chaleur sur qui avait osé s'en approcher.
Et c'est ce regard qui lui redonna toute la majesté, toute la grâce, toute la beauté que je lui avais trouvée lors de notre première rencontre.
Les fils gris et aériens de sa chevelure qui l'entourait comme un linceul avaient regagné en volume, en éclat et en douceur, bien que je ne la sentisse pas sous mes doigts. J'arrivais même à percer, sous l'odeur de lassitude et d'usure propre aux vieux corps, le parfum encore imprégné de la vanille et du coco.
Alors à mon tour je sentis sur moi le poids des ans. Cette femme devant moi, portant sa vieillesse comme une toge, s'en drapant, semblait n'être que le miroir de moi-même, moi qui était peut être le seul à voir la beauté qui émanait d'elle.
Je laissais les souvenirs déserter un peu plus ma mémoire tandis qu'elle s'arrachait aux rideaux et glissant presque, disparaissait...



Lara

Bac écrit de français. 2008. Sujet d'invention.

# Online seit Sonntag, 29. Juni, 2008 um 05:30

Geändert am Dienstag, 16. September, 2008 um 13:33